B. Tessier
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Le 20 Novembre 2008, Bernard nous quitte

Il aimait le jazz, les couleurs, les vieilles motos, la vie, l’intelligence et les gens. Bernard Tessier, l’artiste peintre de la rue piétonne et du monde, s’en est allé.

Printemps 2003, Bernard Tessier est l’invité d’honneur à l’expo du vingtième anniversaire de Saint-Jazz-sur-Vie. Évocation d’un événement déjà ancien, parce que ce choix avait ému l’artiste, parce que les mots pour le dire dans nos colonnes l’avaient « touché », parce que du festival de jazz il était l’un des pionniers, parce que le peintre s’en est allé et qu’il va tant manquer.

De son atelier-galerie de la rue piétonne, il vécut du chevalet. « Ce métier n’est pas fait pour être riche, c’est passionnel », disait-il. Passionné, exigeant aussi, pour son œuvre comme pour ses passions, notamment celle de la musique. Comment mieux qu’avec ses propres mots, évoquer tout cela. « J’avais 18 ans, j’étais plutôt rock, un copain m’a traîné dans une salle parisienne où j’ai vu Ray Charles. J’y suis retourné trois fois ! » Et voilà le virus du jazz mêlé à celui déjà contracté de la couleur.

L’idée du partage

Peindre : c’était à Brem, là où il est né en 1947. « J’avais 11 ans. J’avais peint sur un morceau de bois pour le curé. » Il y a quelques années, une femme avait rapporté à l’artiste son œuvre enfantine. « Le curé voulait que je récupère mon œuvre à sa mort. C’est une belle histoire non ? »

Il aimait ça les belles histoires Bernard Tessier. Pensionnaire des Beaux-arts de Paris et de l’atelier Jacob Petit, Il était revenu en 1973 pour ouvrir ici son atelier. Il voyage, ramène de Corse, de Grèce, d’Afrique ou de la Corniche vendéenne, des couleurs. Beaucoup de couleurs « parce qu’il y en a dans la vie », tout simplement, comme les notes de musiques qu’il transforme « en notes de couleur qui font vibrer les cordes sensibles de celui qui regarde ses toiles », avait imagé l’un de ses admirateurs.

Bernard Tessier, curieux des autres, confiait volontiers quelque chose comme la frustration d’un l’isolement dans son art. « J’ai longtemps cru que nous, les peintres, nous étions comme les musiciens. Mais non. Eux sont sur scène, partagent leur art, entre eux et avec le public. Nous, comme un romancier, on est seul dans notre atelier, ensuite on expose, on montre, mais on ne partage pas» Alors qu’il était curieux d’avis sur la vie et ses philosophies, à l’affût de l’intelligence, amateur de discussion chaque fois suspendue, jamais vraiment close.

Il quitte un monde qu’il critiquait parfois sans concession, surtout parce qu’il l’aimait. La conversation avec Bernard Tessier n’était pas terminée, dommage…

Jean-François MARIVAL, Ouest France. Samedi 22 Novembre 2008

Bernard Tessier par Ouest France

By JCcorp - ©2015 Tessier ANECDOTE N°6:
Toujours plein d‘idées inattendues, Bernard récupéra un jour une partie de la coque d‘un vieux canot déglingué qu‘il avait repéré sur le port depuis quelque temps, et l‘installa dans la vitrine de son atelier-galerie pour en faire un chevalet du plus bel effet et exposer ses toiles. Bien mal lui en a pris! Car s‘il le rafiot était effectivement en piteux état, il n‘était pas pour autant abandonné... Le propriétaire, un vieux marin du coin, vint sans délai manifester son désagrément et réclamer son bien. L‘histoire s‘arrangea rapidement, et Bernard obtint du marin le droit de conserver son chevalet-bateau en échange d‘une aquarelle du vieux canot...
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